Le 26 janvier dernier, lors du lancement de mon blogue, j’ai été secoué comme le reste de la planète par le décès de l’une de mes idoles de jeunesse, Kobe Bryant. Le site web était officiellement en ligne et je devais m’assurer de sa fonctionnalité pour tous les visiteurs qui y allaient pour la première fois, mais j’étais complètement distrait par l’annonce de cette nouvelle. De nombreuses pensés m’ont envahi qui, jusqu’à aujourd’hui, me trottent encore dans la tête et j’ai donc décidé de vous en faire part.

Kobe Bryant est reconnu pour être l’un des compétiteurs les plus féroces de l’histoire du sport. Il était surnommé le « Black Mamba », un serpent reconnu pour son immense agilité, habileté à attaquer ses proies et les neutraliser avec son venin mortel. Cette description allait parfaitement avec son attitude sur un terrain de basket-ball. Au-delà de son immense talent, son intensité était inégalée, et son éthique de travail était la source d’inspiration que tout jeune avait besoin d’observer en grandissant. Au cours de mon développement de joueur de basket-ball, toutes les fois que je me réveillais et je n’avais pas envie d’aller à un entraînement, une pensée me venait : « Kobe ne manquerait jamais un entraînement! ». Je me levais donc et je donnais tout ce que j’avais en honneur de la « Mamba Mentality ».

Le décès de Kobe Bryant m’a secoué de plusieurs façons. En un seul évènement, je perdais l’une de mes idoles de jeunesse, j’étais attristé par la mort de sa fille Gianna dans le même accident, je contemplais la fragilité de nos vies et l’incertitude de demain, et je remettais en question les actions et motivations de ma vie quotidienne qui, auparavant, avait un objectif clair, net et précis. La raison pour laquelle la « Mamba Mentality » de Kobe était autant admirée à travers le globe était par sa représentation métaphorique qui pouvait s’appliquer à n’importe quelle profonde passion qui réside en chaque individu. Le numéro 24 des Lakers de Los Angeles grandit avec l’audacieux objectif d’éclipser son idole, Michael Jordan, et devenir le meilleur joueur de basket-ball de tous les temps.

Kobe Bryant, tout comme Michael Jordan, tout comme moi d’ailleurs, mais c’est pas ben important… était 6 pieds 6 pouces. Il jouait également la position de « garde » et que ce soit dans ses mouvements sur le terrain, son attitude, ses expressions faciales, ou même son intonation de voix, au cours de sa carrière, Kobe accomplit la meilleure imitation possible de Michael Jordan. La confiance de Kobe se rapprochant de l’arrogance, l’a mené à faire taire tous ses détracteurs et à devenir l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du sport.

L’histoire de Kobe Bryant pour moi est plus qu’une histoire de basket-ball. C’est l’histoire d’être obsédé par quelque chose profondément et de constamment pousser ses limites pour atteindre des horizons que nous ne percevions pas au départ. C’est l’histoire d’amour entre nos rêves et ce que l’on doit faire pour les accomplir. Son décès m’a fait réaliser à quel point je n’ai jamais pris le temps de guérir de ma peine d’amour avec le basket-ball et que beaucoup d’entre nous n’ont pas pris le temps de panser nos blessures d’enfant. Je me revois m’entraîner à chaque matin avec détermination ayant pour objectif de jouer un jour dans la NBA. Depuis que j’ai pris ma retraite du sport compétitif, je n’avais pas appliqué cette passion à l’école, au travail, ou à tout domaine de ma vie.

Voici la beauté de son histoire. Malgré ses accomplissements sur le terrain, Kobe avait réussi à se trouver de nouvelles passions et appliquer cette « Mamba Mentality » ailleurs. Outre le basket-ball, il était passionné par le cinéma et sa famille. Dans les quelques années suivant sa retraite, Kobe a eu le temps de remporter l’Oscar du meilleur court métrage d’animation en tant que producteur. Son amour et sa passion envers sa fille Gianna le menèrent à devenir un coach dédié pour son équipe de basket-ball. Son implication dans le basket-ball féminin à cause du rêve de Gigi de jouer dans la WNBA, fut une grande source de motivation pour de nombreuses filles à travers le monde, qui, à leur tour, aspiraient à jouer au basket-ball au plus haut niveau.

Peu importe le rêve, la passion ou l’objectif nous motivant, Kobe insistait souvent  sur le fait que l’important n’était pas la destination finale, mais bien le périple nous y menant et tout ce que nous apprenons en chemin. Une histoire parfaite représentant cette mentalité  est ce que Kobe avait fait pour prouver son amour à son épouse Vanessa au cours d’une période plus difficile de leur relation. Kobe voulait apprendre à jouer la chanson préférée de Vanessa au piano. Étant un multimillionnaire, il aurait pu très facilement se faire payer des leçons par le meilleur des professionnels. Cependant, il décida d’apprendre par lui-même par écoute des notes parce qu’il trouvait que la difficulté d’apprendre la chanson tout seul n’était rien comparativement à son amour pour la femme de sa vie. C’est ça, la « Mamba Mentality »!

J’ai l’impression que nous vivons trop souvent pour les rêves des autres et sommes trop souvent effrayés par les opinions de ceux-ci. Toutes les raisons pour lesquelles les gens disent que vos objectifs ne sont pas réalistes, sont les raisons pour lesquelles ils n’atteignent pas les leurs. Très peu sont les personnes ayant connu un énorme succès dans leurs domaines respectifs  qui vous diront qu’il est impossible pour vous d’avoir un succès similaire. Malgré la tragédie du décès de l’une de mes idoles, j’apprécie le fait d’avoir réalisé d’une façon précoce qu’au cours du restant de mes jours, je me dois de toujours trouver des champs d’intérêts et objectifs qui me motiveront comme le jeune Kiki était motivé d’être le prochain Kobe Bryant.

Voici, ci-dessous, le court métrage gagnant d’un Oscar, « Dear Basketball », réalisé par Kobe Bryant, présenté lors du retrait de ses numéros avec les Lakers de Los Angeles.    

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